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Visite chez le maraîcher Michel Seimandi à Ventabren

Lieu: 

Ce samedi 30 octobre, Sandrine des paniers Materre invitait ses clients chez les maraîchers Michel Seimandi et Mauricette Corda à Ventabren. L’occasion pour Michel de montrer ses serres et d’expliquer ses techniques de production en biologie. Joël, le frère et voisin  de Michel,  en conversion à la biologie était également présent. Une vingtaine de passionnés et de curieux avaient fait le déplacement.

La situation désastreuse de l’agriculture conventionnelle en PACA

Le Conseil Général des Bouches du Rhône titrait sa revue Accents de janvier 2010 : « Agriculture : Le made in Provence en crise ». Et pour cause, 100 millions de pertes en 2009 pour les exploitations des BDR (pour seulement 900 millions de CA !), mais aussi l'abandon de 28 ha de production de tomates sous serres sur la plaine de Berre, ce qui correspond à  une perte de 150 emplois directs et 90 emplois indirects. En 5 ans, la moitié des exploitants de la tomate ont abandonné.

Ce n’est pas seulement la crise économique qui explique cela, c’est une crise structurelle importante qui touche toutes les filières. Alors que dans les BDR on a tout ce qu’il faut pour répondre à la demande, d'un côté 70% de la production est exportée et de l'autre 80% de ce que nous consommons est importé ! C'est tout le patrimoine agricole de la Provence qui disparaît. L’aubergine et le poivron sont déjà très peu cultivés en Provence, bientôt la tomate va suivre.

Les causes

C’est d’abord la mondialisation qui crée cette aberration économique.  Nos agriculteurs sont concurrencés par leurs collègues européens, mais aussi par les pays du Maghreb, par la Turquie et même par la Chine. Dans ce contexte, il faut produire toujours plus au prix le plus bas possible.  

Le rôle de la grande distribution est également important : la logique des grands groupes est de maximiser les marges, d’acheter les produits les moins chers, aucune raison de favoriser la production locale.

Enfin, spécificité des BDR, le prix du foncier est très élevé, grevant significativement  la dette des exploitations.

Une solution

L’un des saluts des BDR est de profiter de la forte densité de la population et de la proximité zones urbaines et des campagnes : favoriser les circuits courts, développer les AMAP, refuser la facilité du bon marché, travailler systématiquement la qualité. Cette approche est stratégique car elle permet de maintenir l’équilibre entre urbanisation et ruralité, et bien sûr de conserver les emplois locaux. Dans cette optique, le bio a un rôle à jouer en favorisant qualité et développement durable. Même si la production locale et les circuits courts ne permettront pas de sauver l’ensemble de l’agriculture en PACA, il faut soutenir toutes les initiatives qui vont dans ce sens.

Ces enjeux ont été bien compris en région PACA : alors que la moyenne française atteint péniblement 2,5% de SAU (surface utile) en bio, elle se situe à 8% des surfaces agricoles utiles en PACA.

Un exemple

Témoin de cette mouvance, l’entreprise des paniers Materre démarrée en 2004 par Sandrine Catoire et qui travaille en partenariat avec une trentaine de producteurs locaux. Producteurs qu’il faut faire connaître aux consommateurs, et de là cette réunion à la Clef des Champs de  Michel et Maurie à Ventabren.

Ambiance sympa et un tantinet ‘militant écolo’ : jus de pommes, gâteaux fait maison amenés par les habitués, tracts de mobilisation pour les 19 ha de Géménos,… et les questions fusent. Michel y répond très volontiers lors du parcours d’une 1h30 parmi ses serres et ses cultures en plein champs.

Michel a commencé le maraîchage en  86 et après 12 ans en conventionnel, il se convertit en biologie (3 ans). C’est donc sa onzième saison en biologie.

Ici, tous les légumes vendus sont produits sur place, sans chauffer les serres, sans moyens articiels, de sorte que seules les cultures de saison sont proposées. Les semences sont bio , le terreau est bio, les apports et les techniques sont naturels.  Et Michel s’en sort très bien, sa production est abondante et saine. Il a développé toute une intelligence dans la pratique de ses cultures, pour améliorer les rendements,  et toujours de façon naturelle. Parmi les techniques décrites, en voici quelques unes  :

  • l’usage du mulch : couverture de paille et de déchets végétaux, systématique au pied des plantes pour diminuer les besoins en eau,  maintenir les lombrics, une couche vivante. L’usage d’une couverture de plastique peut aussi, dans certains cas, faire office de mulch.
  • la rotation des cultures : Michel organise pas moins de 25 cultures différentes sur l’année ; il note précisement les dates et l’emplacement de chacune d’entre elles pour optimiser les rotations.  En conventionnel, il ne traitait que 4 ou 5 cultures intensives (salades en hiver, melons et tomates en été…). Résultat : les terres s’appauvrissaient et se fragilisent rapidement. Il fallait alors apporter plus de nitrates pour maintenir la production et des pesticides pour lutter contre les prédateurs et les maladies. Rien de tout cela ici. Par exemple,  les melons du printemps et de l’été ont été remplacés par de la salade et de la mache.
  • un travail approprié de la terre,sans labour, avec engin spécialisé tiré par le tracteur, permettant le décompactage de la terre ; alors que labour traditionnel mélange les couches de terre.
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  • insectes auxiliaires : insertion d’insectes prédateurs pour contrer les attaques de thrips,  de pucerons, par exemple,… Le prédateur élimine naturellement le parasite et les légumes sont préservés. Beaucoup de problèmes cette année avec les prédateurs sur les concombres, melons et courgettes, mais les moyens naturels ont été suffisants pour garantir une bonne production.
  • Double culture dans les serres : la culture sur le bord de la serre supporte mieux le froid que la culture principale du centre de la serre

La culture en serre présente une qualité bio tout à fait correcte, et même sans doute meilleure qu'en plein champs, du moment qu’on laisse de la place aux plantes, qu’on pratique les rotations ; l’intérêt étant d’être à l’abri des intempéries (mistral, pluies violentes), surtout pour les plantes à fruits (courgette, aubergine, poivrons). On joue à souhait sur la ventilation, la température est supérieure, l’eau est plus facilement maintenue dans le sol.

 

A proscrire, évidemment : la culture hors sol, utilisée intensivement à Berre pour les tomates par exemple, où le milieu est constitué uniquement de gravier, d’eau et de nutriments.

Les contrôles Ecocert : ils se font à l’improviste. Les analyses des légumes n'ont lieu que si le contrôleur a un doute.

 

Actuellement, il est possible de profiter de la production de Michel et Maurie, soit sur place les mardis et vendredis à partir de 17h30 (vente directe), soit via les paniers Materre qui disposent de nombreux points de dépôts.  

Contacts :

Michel et Maurie, SCEA LA CLE DES CHAMPS

 Chemin de Vences, 13122 Ventabren

Tél : 06.88.33.97.83

Materre

67 cours Gambetta, Centre Commercial de la Tour d'Aygosi, 13100, Aix en Provence

Tél  04 42 26 83 65 ou 06 26 94 04 58

Site : http://www.materre.net/

Commentaires

Bravo et merci pour ce beau

Bravo et merci pour ce beau reportage. Une voisine.

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