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Chauffage automatique aux granulés de bois

Optez pour le biocombustible de l’avenir !

Se chauffer aux granulés de bois est aussi pratique que le gaz, le fioul ou l’électricité mais bien plus écologique et économique. Le bois n’est plus seulement une énergie d’appoint pour des soirées pleines de charme autour d’une cheminée ou d’un poêle avec feu apparent. Les nouvelles (*) chaudières ultra performantes à alimentation automatique apportent confort et économie d’utilisation. Le combustible utilisé est propre, la filière est créatrice d’emplois pour une économie locale de proximité. Avec le bois l’indépendance énergétique est assurée ! Grâce aux crédit d’impôt et divers subsides incitatifs, et dans un contexte où les produits pétroliers ne peuvent qu’augmenter à court ou moyen terme, l’amortissement de l’investissement est assuré en quelques années. J’ai opté fin 2009 pour ce moyen de chauffage, couplé avec un ballon d’eau chaude solaire. Le top du propre et du renouvelable ! Cette expérience réellement positive doit servir à d’autres, je vais donc en faire part prochainement de façon détaillée. Il me semble cependant utile de développer ici les arguments en faveur de ce mode de chauffage encore trop peu connu. Dans un autre article, j’aborderai l'utilisation des panneaux solaires incroyablement peu exploités en Provence. (*) Elles existent depuis plus de 20 ans en Allemagne et en Autriche !

Pourquoi le bois en granulés (pellets) ?

Le pellet (granulé de bois) est un petit cylindre de sciure de bois compressée sans colle (la lignine et les résines naturellement contenues dans le bois résineux en assurent la cohésion).

Granulé de bois pellet

Il n'y a pas de risque de surexploitation de la forêt

Le bois est une énergie renouvelable abondante en France et en particulier en Provence. Les pellets sont fabriqués avec des déchets de l’exploitation forestière. Or, le Grenelle de l’Environnement de 2007 prévoit une forte extension de la consommation de bois pour la construction. En effet, d’une part la forêt française, comme celle des autres pays européens, est en croissance de 1% tous les ans. Ensuite, on ne prélève chaque année que 65% de la production annuelle de bois. Par ailleurs, les appareils de chauffage au bois deviennent de plus en plus performants et on estime qu'on pourra passer en 2020 de 6 millions à 10 millions de logements chauffés au bois sans consommer plus de combustible quà l'heure actuelle.

Source d’emplois locaux

Avantage considérable, le bois est produit localement. La filière bois est donc une source importante de nouveaux emplois dans les zones rurales, partout en France. Ces dernières années, la croissance de la production de granulés a été supérieure à 100% chaque année. Ce sont tout naturellement les scieries qui s’adaptent pour fabriquer les granulés. Ainsi, le seul chauffage au bois devrait permettre la création de 23000 emplois nouveaux d'ici 2020 (1). Non seulement la filière crée des emplois régionaux en éliminant intelligemment les déchets de l’industrie du bois, mais elle améliore sensiblement l’autonomie énergétique du pays.

Energie polluante ?

1. La quantité de CO² produite lors de la combustion du bois est simplement égale à celle qui a été assimilée durant sa croissance ! Il faut tout de même ajouter la production de CO² liée à la transformation et au transport de ce bois pour obtenir des granulés. Cette production est propre et offre un bilan énergétique global très favorable. Au total, la production de CO² n'est que de 42 g par KWh produit (2) , de sorte que l'utilisation des granulés de bois permet globalement de diviser par 12 les émissions de CO² par rapport au fioul (466 g/KWh) et par 6 par rapport au Gaz (222 g/KWh). Concrètement, pour une consommation annuelle de 3000 l de fioul, soit 28.000 Kwh, les granulés permettent d'économiser le rejet dans l'atmosphère de 11,7 tonnes de CO² ! 2. On sait que le bois brûlé en cheminée ou en poêle ancien est très polluant. Une combustion incomplète du bois libère du monoxyde de carbone CO, des composés carbonés CxHy, des composés azotés NOx ainsi que des poussières. Il faut donc éviter d’utiliser de vieux appareils (rendement < 50%) qui sont encore très nombreux en France. Par contre, les nouvelles chaudières à granulés ont un rendement supérieur à 90%, voire 95%, de sorte que la pollution dans ces appareils est bien maîtrisée. Cela dit, la pollution produite par le pellet est quelque peu supérieure à celle du gaz (2). Voir aussi le tableau comparatif du site Acqualys.

Coût de l’énergie

Le bilan énergétique nous apprend qu’il faut 2 tonnes de granulés pour remplacer 1000 litres de fioul. Comme en ce début 2010 la tonne de granulés est en moyenne à 230 € et que le litre de fioul est à 0,7 €, on fait une économie de 34% sur des dépenses d’énergie en optant pour les granulés. Par exemple, pour une consommation annuelle de 3000 litres de fioul, l’économie est de 720 €. Si le litre de fioul passe à 1 € (c’était le cas à la mi-2008, avant la crise financière), on obtiendra une économie de 54%. Par rapport au gaz naturel, l'économie du granulé est de 25%. Quelle va être l’évolution des prix dans les prochaines années ? Alors que le prix du fioul et du gaz ne peuvent qu’augmenter dans les prochaines années, le coût des granulés ne dépend pas des cours des produits pétroliers mais dépend majoritairement de la main d’œuvre locale. Le graphique ci-dessous montre que le prix des pellets est resté très stable ces dernières années. Graphique granules de bois - Pellet en Vrac Energie grise des granulés Le calcul précédent ne fait pas apparaître le bilan global énergétique des divers combustibles. On ne dit pas assez que l’énergie grise des granulés de bois est particulièrement faible par rapports aux combustibles pétroliers. L’énergie grise est calculée de la façon suivante : combien d’énergie doit-on dépenser pour obtenir, transformer et transporter le combustible par rapport à l’énergie produite? Le tableau ci-dessous montre que les granulés permettent de gagner 80 % de l’énergie grise nécessaire au gaz et au fioul domestique. Combustible %énergie grise Pellets 2,7 % Gaz naturel 14,5% Fioul léger 13,5%

Crédit d’impôts et subsides

En 2010, l'installation d'une chaudière à pellets est éligible au crédit d'impôts de 25 % (c’était 40% en 2009 !). NB : il s’agit bien d’un crédit d’impôts, pas d'une réduction d'impôts. Il n’est donc pas nécessaire de payer de l’impôt pour en profiter. Localement, on peut bénéficier de subsides supplémentaires. Par exemple, la Communauté du pays d’Aix octroie une aide financière aux particuliers, égale à 10% du coût global de l’installation, avec un plafond de 1500 €. Depuis avril 2009, un éco-prêt à taux zéro peut être cumulé au crédit d’impôts. Des conditions drastiques empêchent cependant l’éco-prêt d’être applicable au plus grand nombre.

La taxe carbone

La crise économique et la prise de conscience écologique ont permis l’élaboration de l’idée de cette taxe carbone qui privilégie les biocombustibles. Hélas, mal préparée par une équipe gouvernementale peu motivée, mal expliquée et donc mal comprise, elle semble maintenant rattrapée par la réalité politicienne. Les élections régionales sont passées par là…

Les chaudières automatiques

Les granulés ont une forme, une taille et un poids permettant d’automatiser l’alimentation des chaudières comme pour le fioul. Les granulés sont stockés en silo, puis aspirés ou amenés via une vis sans fin dans la chaudière. Les granulés de bois sont livrés par camion citerne et directement soufflés dans le silo. Il faut choisir une chaudière labellisée ‘Flamme Verte’ (ou mieux conforme à la norme européenne plus exigeante EN 303.5 classe 3) qui donne droit au crédit d’impôt et à divers subsides locaux. Ces chaudières performantes sont des merveilles d’électronique : régulation de la combustion pour limiter les pollutions, puissance modulable, aspiration du combustible, nettoyage du foyer, décendrage automatique, prise en compte de la température extérieure, limitation de la température des fumées, optimisation de plusieurs zones de chauffe et d’un ballon d’ECS, priorité à l’eau chaude solaire, divers seuils d’arrêt de la chaudière jour/nuit, etc... Comme pour d’autres chaudières modernes, la régulation intègre une vanne à trois voies qui compare l’eau à la sortie de la chaudière avec l’eau à basse température à la sortie du circuit de chauffage. Thermostat d'ambiance comme pour les autres chaudières. Vu la complexité du paramétrage de l’ensemble, les compétences et la disponibilité de l’installateur sont primordiales. Le bois génère des cendres, c'est bien connu. Le décendrage étant automatique, il suffit de vider le cendrier une fois par mois. Le taux de cendre est inférieur à 4 ou 5kg par tonne de granulés. A ajouter au compost car il s’agit d’un excellent engrais pour le jardin !

Et la fiabilité ?

Ces chaudières existent en Allemagne et en Autriche depuis plus de 30 ans ! En Allemagne, par exemple, plus de 100.000 chaudières sont en fonctionnement. En France, hélas, le retard est important : pas beaucoup plus de 10.000 chaudières. Les constructeurs sont généralement allemands et autrichiens, mais les fabricants français s'investissent et tentent de rattraper le retard.

Un silo volumineux

C’est le point négatif de l’installation. Le silo est 4 fois plus volumineux qu’une citerne de fioul. Et le camion souffleur doit pouvoir se positionner au maximum à 30 m du silo. Avec une alimentation par aspiration, le silo peut cependant être situé jusqu’à 20 mètres de la chaudière. Trois types de silo : - en tissu, proposé par les fournisseurs de chaudière. L’intérêt est une mise en place simple. Il faut compter 750 à 1000 euros. - en bois, à construire soi-même. Cette solution est moins chère que la précédente, mais il faut être bricoleur. Le prix doit tourner autour de 500 €. - en maçonnerie, soit simplement dans une pièce non utilisée de la maison, soit dans une annexe à créer. Le silo doit contenir une trémie à deux ou quatre pans à 35° minimum. Il est essentiel que le silo soit exempt d’humidité pour préserver la qualité des granulés.

La qualité des granulés

Pour diminuer la consommation de granulés, il faut optimiser le rendement de la combustion. On sera donc très attentifs à la qualité des granulés dont les principales caractéristiques sont le pouvoir calorifique, les dimensions, l’humidité, le taux de cendre, le taux de poussière, les taux de chlore, d’azote et de soufre. Des normes existent et il faut veiller à ce que les granulés livrés soient conformes aux meilleures normes en vigueur. En France, on rencontre deux normes : - Din + : norme européenne - Norme NF granulé Biocombustible : norme française (début 2009). Ces normes garantissent notamment un pouvoir calorifique supérieur à 5 kWh/kg et un taux de cendres inférieur à 0,5 % (5 kg par tonne).

Les granulés en Provence

Dans un prochain article, nous aborderons la question de la fourniture des pellets : provenance, prix,...

Et le prix de l'installation ?

C’est la pierre d’achoppement ! Les chaudières à granulés sont deux fois plus chères que les chaudières 'classiques'. C’est l’économie réalisée sur le combustible au fil des années, surtout dans le contexte évident de la hausse annoncée des produits pétroliers, qui assure le retour sur investissement. Il n’empêche que les incitants sont nécessaires pour créer le marché. C’est le rôle des pouvoirs publics de proposer ces incitants (crédit d’impôt, prêt à taux zéro, aides locales). Sans la crise financière, les produits pétroliers auraient vu leurs prix exploser créant les conditions idéales pour l’émergence ou le développement des énergies propres. Avec la crise financière et économique, l’année 2009 n’a pas été aussi florissante que souhaitée pour ce secteur et on comprend difficilement pourquoi le gouvernement Sarkozy-Fillon-Borloo a décidé pour 2010 de déjà diminuer les incitants pour la filière bois-énergie. Et la taxe carbone est reportée… Une politique à contre-courant ? Avec le coût actuel des énergies (début 2010), une installation s'amortit en 6-8 ans. Cette durée se réduira significativement avec l'augmentation des prix pétroliers. Mais, adopter ce mode de chauffage, c'est aussi et avant tout un choix de vie !

Etude de cas : installation bois-solaire

Prochainement, je détaillerai l'installation d'une chaudière à granulés combinée avec la production d'eau chaude par panneaux solaires. J'aborderai les choix, les problèmes rencontrés, les détails techniques, le bilan économique, etc...

Perfectible ?

On apprécierait d’avoir une mesure de la consommation quotidienne de granulés, ce qui n’est pas aisé vu les types d’alimentation du bois dans la chaudière. Le silo n'apporte aucun élément précis quant à la consommation effective de granulés. Bien que de nombreux paramètres soient visualisables sur le panneau de contrôle de la chaudière, nous ne disposons pas d’indicateurs synthétiques quant au rendement réel de la chaudière : consommation quotidienne, taux de cendre, qualité des granulés, performance réelle,… C'est une question que je poserai prochainement à l'installateur.

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Commentaires

je me chauffe depuis l'an

je me chauffe depuis l'an dernier aux pellets que j'ai achetes à 3.75 euros le sac de 15kg. or cette année tout les revendeurs semblent avoir augmenter leurs tarifs car le mien m'annonce un prix de 4.17euros ce n'est pas le bois qui fait grimper les prix mais toutes les activités autour. pour compenser cette augmentation on m'offre la livraison gratuite. A ce rythme d'augmentation, le benefice sera vite reduit à une peau de chagrin et on se dira une fois de plus que l'on nous à pris pour des pigeons.

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