Les Bouches du Rhône présentent une richesse exceptionnelle de sites naturels qui offrent de superbes possibilités de balades. Parmi les plus belles randonnées, celle-ci est une de nos préférées.

Grande Tête Rouge depuis les Barres du Saint-Esprit
Ce sont d’abord les paysages préservés et accueillants de ces douces collines à quelques minutes de Marseille, les barres escarpées de calcaire, les multiples vallons giboyeux, les anciennes restanques en friche. Ces paysages aux multiples facettes sont sources d’émerveillement : « Nous sortîmes du village : alors commença la féérie et je sentis naître un amour qui devait durée toute ma vie » (La Gloire de mon père, chapitre 1).
Aussi, les crêtes offrent des panoramas magnifiques à 360°, de la Méditerranée aux Alpes. Notamment, les vues sur la rade de Marseille et sur la Sainte-Victoire à partir du Taoumé et celle de la Sainte-Baume à partir du Garlaban sont fantastiques.
Il y a enfin et surtout l’attirance des lieux qui ont nourri les savoureuses histoires de Pagnol. Nous pouvons ainsi en quelques kilomètres découvrir concrètement tous les sites évoqués dans ses films et si bien décrits dans ses romans et notamment sa tétralogie sur ses souvenirs d’enfance (La Gloire de mon père, Le Château de ma mère, Le Temps des secrets, le Temps des amours). Relisez ces petits livres en prévision de vos sorties, la magie de la découverte n’en sera que plus grande !
Encore qu’on est tout de même étonnés et quelque peu déçus au premier abord car les collines sont bien arides ! Où sont passés les superbes forêts décrites par le petit Marcel, où sont passés les centaines d’oiseaux si aisément braconnés, et les milliers de sauterelles qui sautaient devant ses pas : «Je courais à flanc de coteau, dans l’herbe sèche de l’été, précédé par un feu d’artifice de sauterelles rouges et bleues qui fusaient en éventail » (Le Temps des secrets, chapitre 8, paru en 1960 mais qui décrit les collines de 1906 quand Marcel a 11 ans) ? Hélas, le feu est fréquent dans la région et les arbres et arbustes brûlés une demi-douzaine de fois en un siècle sont maintenant remplacées par de la garrigue basse où la faune se fait rare. Seuls quelques vallons épargnés montrent encore une relative richesse de plantes où les oiseaux se font entendre.
Ce qui frappe, c’est le faible nombre de constructions, les collines sont presque désertiques, pourtant à quelques kilomètres de Marseille. Dès qu’on quitte La Treille, seules quelques ruines témoignent d’une vie passée. Mais c’est logique : sur ces collines, la terre est peu profonde, caillouteuse et ingrate, le calcaire affleure partout et l’eau est rare. La vie s’est concentrée autour de quelques villages et pour notre bonheur le reste du massif est heureusement préservé de tout envahissement urbanistique.
Il y a de très nombreuses balades et randonnées possibles dans cet univers magique. Voici une sortie de 18 kms qui parcourt une boucle au départ du village de La Treille. NB : il est possible de revenir plus vite à La Treille à partir du plan de la Baume Sourne ou à partir du Col d’Aubignane par le vallon de Passe-Temps.
Laisser la voiture sur la route (altitude 125 m) en bas du village de La Treille, aux emplacements réservés pour le Sentier de Pagnol, sans tenter d’entrer dans le village où les ruelles sont trop étroites et les places de parkings bien insuffisantes. Parcourez le village à pied et allez voir sur la place de l’église la fontaine de Manon des Sources. D’ailleurs, si vous relisez le premier chapitre de Jean de Florette, vous découvrirez que la description du village les Bastides Blanches est en fait celle du village de La Treille

Le hameau de La Treille (Marseille 11ème) depuis les barres du Saint-Esprit
A noter, le restaurant Le Cigalon, aux menus alléchants et à la superbe terrasse en belvédère sur la vallée de l’Huveaune. Ce restaurant rappelle évidemment le roman et le film du même nom où Pagnol raconte l’histoire d’un restaurateur…
Nous montons la route qui sort du village et laissons sur notre droite les chemins du vallon de Passe-Temps et du hameau des Bellons où Marcel a fait la connaissance de Lili (La Gloire de mon père) et Babette (Le Temps des secrets). D’ailleurs, juste après le carrefour, nous découvrons la Bastide Neuve («…neuve depuis bien longtemps… ») où les Pagnol ont passé les vacances quelques étés à partir de 1904.
A l’altitude de 300 m, la vue se dégage et la découverte des paysages est saisissante :
Derrière nous, à gauche, une large vue sur la vallée de l’Huveaune avec à l’avant plan le hameau de Martellène.
A gauche, l’immense ville de Marseille et la Méditerranée.
Devant nous, à gauche, les barres de calcaire obliques qui abritent les grottes des Pestiférés (Baume = grotte) qui abritèrent des habitants de Marseille durant une épidémie de peste. Ensuite, le sommet de Tête Rouge. On voit encore sur ses flancs les vestiges d’anciennes mines de bauxite abandonnées au début du XXème siècle. A l’avant plan, un petit sommet tout arrondi ‘Tête Ronde’ que nous allons contourner par la gauche.
A droite, le sommet qui s’élève nettement est le Taoumé (667m) qui sera notre première étape.
Sur notre droite, le plan de l’Aigue avec les pylônes électriques disgracieux et le Garlaban (714m) dont on ne distingue que le sommet.
Et pour terminer, derrière nous à droite, le col d’Aubignane et les Barres du Saint-Esprit.
Une fois la tête ronde contournée, nous découvrons la Pointe des Escaouprés, long vaisseau rocheux qui s’étire vers la droite et qui surplombe le profond vallon du même nom. Rapidement, nous rejoignons un replat et les ruines du Jas de Baptiste et son figuier.
Dans la montée, si vous quittez le sentier sur la droite pour vous rapprocher de la corniche, vous pourrez découvrir la Pierre du Berger, une large dalle sur laquelle sont gravés un serpent et une rosace.
Bientôt nous arrivons au Pas du Loup (540 m), au pied de la montée plus raide vers le Taoumé. De part et d’autre un profond vallon, Escaouprés d’un côté, Passe-Temps de l’autre.
Le sentier longe la barre rocheuse et atteint la grotte du Grosibou qu’on ne peut rater (inscriptions à la peinture à même la roche). C’est Lili des Bellons qui apprit à Marcel l’existence de cette grotte qui traverse le Taoumé, permettant à des braconniers d’échapper à la traque des forces de l’ordre.
Au sommet, superbe vue à 360° qui permet notamment d’admirer les îles du Frioul, le Cap Canaille, le Garlaban et la Sainte-Victoire. Vue aussi sur la chaîne de l’Etoile avec la Tête du Grand Puech et le Pilon du Roi. On remarque l’aire rouge si caractéristique de la Mourre. Il s'agit d'un site d'entrainement des Canadair et autres Tracker des pompiers. La couleur rouge à du au produit retardant contenu dans l'eau.
Continuant le large chemin en balcon au NE nous atteignons le plan de la Baume Sourne, un site bucolique, très agréable, plat et arboré qui invite le randonneur à piqueniquer. D’ailleurs le dimanche, le site est très fréquenté à l’heure du déjeuner. Nous descendons donc directement à droite (SE) en direction du Garlaban pour atteindre rapidement la Baume Sourne (grotte sombre). Dans la descente, superbe vue sur le vallon tout en courbes de Précatori.
NB : A partir de là, il est éventuellement possible d’écourter par deux sentiers différents.

Nous contournons le petit vallon du Jardinier pour atteindre le charmant vallon du puits du Murier, entretenu pour des raisons cynégétiques. Beaucoup moins fréquenté que le plateau de Baume Sourne, le vallon invite à une halte à l’ombre. Notez la jolie (et rare) garrigue à thym, on se croirait dans les alpages. A droite du champ cultivé, voir le puits en forme de capuchon avec un portail. Il y a toujours de l’eau potable, dit-on, mais souvent profonde et à moins d’être équipé (ficelle) pour descendre sa gourde…
Nous montons sur le plan de l’Aigue vers le Garlaban. Au pied du Garlaban, surprise ! Une dizaine de voitures sont présentes, venues depuis Aubagne, Font de Mai et le Col d’Aubignane. Dommage… L’endroit est très fréquenté le dimanche, on distingue au moins 30 personnes sur le sommet du Garlaban tout proche. Ce ne sera pas pour aujourd’hui !
Je rejoins donc directement le vallon des Piches par le Pas Garrigue.
Très agréable descente en surplomb du vallon des Piches puis du vallon de Passe-temps.
Visite incontournable de la Baume du Plantier (la grotte de Manon dans Manon des Sources). Vue sur la Baume de Passe-Temps et sur le Taoumé au NO.
On atteint aisément le Col d’Aubignane et les barres de Saint-Esprit, site abîmé par les pylônes EDF.
On ne s’attardera pas longtemps devant les quelques ruines de la Ferme d’Angèle (film Angèle inspiré d’Un de Baumugnes de Giono, de 1934), pour monter vers les quelques vestiges du village d’Aubignane.
NB : en descendant la route vers Font de mai, on pourrait découvrir le Mas de Massacan d’Ugolin (Manon des Sources) et le puits Raimu (La Fille du Puisatier), mais cela nous écarterait de La Treille.
Le village d’Aubignane est un village factice que Pagnol a fait construire en 1937 pour tourner Regain inspiré du roman de Giono. Proche de la crête des barres du Saint-Esprit, nous pouvons voir les vestiges de seule la maison encore debout, celle de Panturle. De l’église il ne reste qu’un arceau, étrange à cet endroit.
Vue sur la Sainte-Baume, la colline de Ruissatel et le Jas de Fontainebleau qui a pu mystérieusement être construit (il y a longtemps) à cet endroit privilégié…
NB : possibilité de rejoindre la Treille par le vallon de Passe-Temps.
Nous préférons cette fois la descente par la crête des barres qui nous offre de nouvelles vues au Sud vers Marseille et l’Huveaune. Le chemin facile traverse une première fois un chemin carrossable. Lors de la seconde intersection, ne pas prendre à droite un raccourci qui permet d’atteindre rapidement La Treille, car la propriété est privée. Il faut prendre le chemin carrossable vers la gauche et faire un large détour par les quartiers résidentiels de Camoins pour rejoindre le point de départ.
Les livres de Marcel Pagnol, évidemment !
Philippe Biret, A la rencontre de Marcel Pagnol, Editions Jeanne Laffitte, 1995, hélas épuisé
Georges Berni, Dans les pas de Marcel Pagnol, Le Petit Monde de Marcel Pagnol, Office de Tourisme, Aubagne, 2005
Monsieur, Je me permet de
Monsieur,
Je me permet de vous contacter car lors d'une visite sur votre site, j'ai eu le plaisir de voir apparaitre une partie de ma propriété " Le jas de fontainebleau". La photo que vous avez prise avec la sainte baume derriere est particulierement belle et il me serai tres agreable d'en avoir un exemplaire. Je souhaiterai apporter une reponse a votre texte " de construction mysterieuse", pour votre connaissance, ces bâtiments ont été construis au 18ème siecle à des fins agricoles et tout particulierement viticole. J'espere avoir levé le mystère et vous souhaitant de nombreuses ballades dans nos cheres collines. Cordialement. Marc OTTAVIANI
Bonjour, C'est avec plaisir
Bonjour,
C'est avec plaisir que je vous transmettrai la photo de votre propriété. Il vous suffit de me donner votre adresse e-mail sur contact@provence-com.com.
Depuis ma balade, j'avais effectivement lu sur l'origine de votre propriété.
Cordialement.
je suis à la recherche du nom
je suis à la recherche du nom du petit canal que longent la famille pagnol pour se rendrent à la bastide, j'aimerais savoir si il fait réellement parti du décor de cette balade à travers les chateaux dans la gloire de mon père
merci beaucoup, je rêve de découvrir la provence de Pagnol et marseille et ses environs
hélène
C'est tout simplement le
C'est tout simplement le Canal de Marseille, qui dérive une partie des eaux de la Durance, près de la Roque d'Anthéron pour alimenter Marseille. Ce canal date de la prmeière moitié du 19ème siècle. Cela dit, il subsiste un doute quant à l'utilisation de ce canal par la famille de Pagnol dans le Château de la Mère, car le canal ne passe pas par le domaine de la Buzine !
Il semble que le petit Pagnol ait fait preuve là de beaucoup d'imagination...
Bonjour, Effectivement, notre
Bonjour,
Effectivement, notre petit Pagnol avait beaucoup d'imaginantion afin de nous faire rêver ( on en aurai besoin un petit peu plus souvent dans le monde actuel...). Le canal existe bien mais ne passe pas par le château de la Buzine, lequel château n'a strictement rien a voir avec sa jeunesse. Vous pouvez decouvrir ce canal a la treille au pied du cimetière ou Mr Pagnol est enterré.... Bonne ballade ....
PS : Je suis toujours dans l'attente des photos sur mon mail contact@groupassurcourtage.fr. Cordialement. Marc OTTAVIANI