Situé au cœur de la Haute Provence, entre Manosque et Sisteron, Peyruis est un charmant village provençal de 2800 habitants. Blottie au pied d’un éperon rocheux, sur les contreforts boisés de la montagne de Lure et à bonne distance de la Durance, Peyruis se découvre avec quiétude en parcourant son cœur historique et son environnement naturel préservé.
Entre ruelles et garrigue, fontaines et cigales, cette balade de 2 heures nous a fait pénétrer dans l'intimité de ce village méconnu et pourtant riche de patrimoines rural et paysager.
A la sortie du parking de l’hôtel de ville, nous remontons la Rue Grande jusqu’à la place des Platanes. Nous en profitons pour jeter un coup d’œil sur la fontaine de la mairie. Patrimoine modeste mais qui met en évidence la relation intime qui lie le village à l’eau.
De cette place, où résistent encore quelques commerces, on rejoint la place de la fontaine par un petit porche à droite. Plus secrète et moins commerçante, celle-ci a été rénovée très récemment. Le style provençal a été bien conservé, de même que la fontaine et son lavoir.
Nous traversons cette place aux couleurs ocre pour nous diriger une nouvelle fois vers un porche. Celui-ci constitue la porte d’entré du quartier du plus haut four. Ce quartier très ancien tient son nom du premier four banal mis en service dans le bourg. Ce quartier s’organise autour de la roche. Les ruelles sont très étroites, parfois constituées de calades lorsque la pente devient trop forte. Au détour d’une rue, sous un micocoulier, nous tombons sur une nouvelle fontaine. Il est important de noter que les eaux de toutes les fontaines du centre ville (il y en a 6 réparties dans le village) sont potables.
Ce quartier est agréable et typiquement provençal, on regrettera cependant l’absence de mise en valeur : les façades sont bien souvent décrépies et les ruelles abimées.
Notre cheminement dans ce quartier nous emmène naturellement vers l’église (9èmesiècle) et sa place. L’ensemble a perdu de son caractère depuis sa rénovation de 1991. Les couleurs sont aujourd’hui disparates et l’aspect de la place et de la fontaine trop moderne.
De l’église, nous redescendons sur la place Parlatan et sa fontaine. Fontaine emblèmatique du village, située au cœur du vieux village, elle a été mise en service au 10èmesiècle. Juste en face, se trouve le portail de la rue Juiverie et sa corniche en dentelle.
Sortons maintenant du village pour atteindre le Champ de Gau. Pour moi, le plus beau patrimoine Peyruisien !!! Accroché à la colline, il s’agit d’un ensemble de jardins et de restanques. Dans cet espace sauvegardé, les nombreuses sources sont canalisées par une multitude de bassins, les jardins maraichers alternent avec de petits champs d’oliviers, les cabanons de pierres et les quelques grands arbres semblent avoir été déposés là plus par souci d’esthétisme que par réelle utilité.
Le panorama est tout aussi exceptionnel. Il emmène notre regard du château de Peyruis jusqu’aux Pénitents des Mées, en passant par le clocher, le village et au loin, les sommets enneigés.
Nous longeons ensuite le canal de Manosque. Le paysage, marqué par de nombreux ponts et passerelles, est également magnifique (malgré l’absence d’eau ce jour là).
Nous abordons ensuite le vallon du Bevon. Petit ruisseau, qui a malgré tous nécessité la construction de 3 petits barrages pour être apprivoisé.
Avant d’atteindre le 1erd’entre eux, nous prenons à droite le « sentier Milési ». Celui-ci grimpe rapidement à travers les collines. A l’ombre des pins, les senteurs et le chant des cigales (en été) rappellent que nous sommes bien en Provence.
En continuant sur le sentier, nous arrivons bientôt sur les hauteurs du champ de Gau. Dans cette partie, la forêt n’a pas encore laissée place aux « Bancaeu » de pierres sèches. Les olivettes ont en revanche remplacé les jardins maraichers.
En pénétrant dans les oliveraies, nous découvrons de splendides arbres centenaires. Ici, le panorama est encore plus exceptionnel que précédemment.
Nous redescendons lentement vers le village (par le Champ de Gau) pour arriver juste au dessus de l’église.
Avant de retourner à la voiture, un petit détour vers le château s’impose. A droite, des escaliers s’élèvent jusqu’à l’esplanade du château du Marquis de Piozin. Construit pendant la renaissance, il a été pillé et saccagé pendant la révolution. Il subsiste encore la porte en pierres taillées, des restanques, quelques tours et une partie du mur d’enceinte intérieur et extérieur. Sa situation, au dessus du village et au sommet de l’éperon rocheux, lui donne un certain cachet.
Les points de vue sur le vieux village et ses extensions sont également très agréables.
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