Le poids des mots, le choc des images. Ce slogan peut s’adapter au documentaire que vient de réaliser la journaliste Marie-Monique Robin. Par la rigueur de son enquête, sa force de persuasion et les images des mines défaites de plusieurs responsables de l’alimentation et de l’environnement, ce document frappe les esprits. Birntôt la sortie de son livre qui porte le même titre.

Image Arté TV
Dans le Nouvel Obs' du 19 février :
Marie-Dominique Robin (également réalisatrice de “Le monde selon Monsanto”) a enquêté sur les produits chimiques présents dans notre alimentation quotidienne en partant de la problématique suivante: “Existe-t-il un lien possible entre l’exposition à ces produits chimiques et ce que l’Organisation mondiale de la santé appelle l’épidémie de cancers ?”.
Si les scientifiques semblaient plus prompts à parler de ce sujet, les agences de réglementation telles que “Food and Drug Administration” ou “l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments” étaient beaucoup plus méfiantes en recevant la journaliste. “J’ai tenté de les mettre face à leurs contradictions, de les pousser dans leurs retranchements” explique-t-elle.
“J’ai pu constater que le système de réglementation était inopérant” poursuit-elle. Ces agences se fient aux études de toxicité produites par les entreprises qui bien souvent sont fausses. De plus, “chaque substance est traitée individuellement”. Or si seule, une molécule peut être inoffensive, mises ensemble, leur effet peut être extrêmement risqué.
Elle parvient à démontrer l’aspect cancérigène de tout ce que nous ingérons au quotidien.
A la question : “Que peut-on faire pour renverser cette situation?”, Marie-Dominique Robin conclut : “La première chose à faire est de manger bio. Si vous n’avez pas le budget nécessaire, achetez au moins des laitages, du pain et de la farine bio pour les enfants.”
Ce film a inspiré les unes de l'Express, le Nouvel Observateur et Télérama. Outre les articles du Monde, Le Pélerin, Sud-Ouest, Le Figaro Madame, Les Inrockuptibles, VSD, Télé 7 Jours, voir l'article de la Croix dont voici un extrait :
« Je ne pense pas que Marie-Dominique soit une militante, rétorque Pierrette Ominetti, directrice des programmes documentaires à Arte. Son travail est avant tout une enquête extrêmement fouillée. Au point qu’elle connaît mieux le dossier que certains acteurs. Elle ne recherche pas le scoop mais plutôt la force de la preuve qui finit par s’imposer. À Arte, on lui fait confiance car c’est une grande professionnelle. Sans lui donner totalement carte blanche, on l’accompagne, on l’assiste juridiquement pour savoir jusqu’où elle peut aller. On lui rappelle le souci du téléspectateur, dont on pense qu’il aura envie de saisir un fil de la pelote pour la dévider », poursuit-elle.
Même son de cloche à l’INA, pour qui « ce documentaire est un film citoyen », confie Isabelle Morand, productrice déléguée. Une raison pour laquelle l’INA a investi 300 000€ sur les 700 000 qu’a coûté le film.
Le blog de Marie-monique Robin
Tournée de Marie-Monique Robin en France
Le livre Notre poison quotidien sort le 24 mars 2011