Jeud 31 mars et vendredi 1er avril, la FNE (France Nature Environnement) organisait son 35ème congrès national au palais du Pharo sur le thème de la réorganisation de la PAC européenne.
Aujourd'hui, la politique agricole commune est remise en cause par les citoyens. Ils souhaitent renouer avec leur agriculture, avec des produits de proximité, de saison, diversifiés et sains, à bas niveau de pesticides et respectant le bien-être animal. Ils demandent l’essor des agricultures les plus favorables à l’environnement, comme l’agriculture biologique ou l’agriculture à bas niveau d’intrants (engrais, pesticides, carburants…).
Le budget de la PAC équivaut à près de la moitié du budget de l’UE et sert principalement à payer les engrais et autres produits chmiques. Car, aujourd’hui, 60% du chiffre d’affaires des agriculteurs part dans le carburant, les engrais, les pesticides, l’eau, les produits vétérinaires, l’alimentation achetée pour le bétail… Une dépendance vis-à-vis des prix du pétrole, des industries chimiques, phyto-pharmaceutiques et autres instituts techniques ou vétérinaires qui n’est pas pour rien dans l’érosion des revenus des paysans.
De plus 10% des exploitants seulement touchent la moitié des subventions, pour leurs exploitations trop grandes et trop spécialisées.
La PAC est basée sur deux piliers, les aides directes aux agriculteurs et les aides au développement rural. Avec des paiements directs fondés sur les rendements, la PAC a favorisé massivement la production agricole. En parallèle, la PAC s’est peu préoccupée du bien-être des animaux d’élevage et de la préservation de l’environnement. Les budgets dédiés aux prairies, aux mesures agroenvironnementales et à l’agriculture biologique sont insuffisants.
« Quelle est la légitimité de la PAC ? Pourquoi les citoyens accepteraient qu’avec leur impôts on aille contre leur intérêt, en terme de santé, d’emploi et d’environnement », résume José Bové, vice-président (Europe Ecologie-Les Verts) de la commission Agriculture et développement rural au Parlement européen. Qui sur ce coup n’est pas isolé, comme l’ont confirmé les deux autres députés européens invités de ce congrès, Stéphane Le Foll (PS) et Michel Dantin (UMP).

- critère des 5% de nature: « espaces de régulation écologique », haies, bosquets, mares, talus et plus généralement tous les espaces sans labour ni engrais ni traitements.
- diversification des cultures : 4 cultures différentes minimum par exploitation agricole, dont la principale n’excède pas 50 % de la sole cultivée.
- autonomie des installation : limitation des intrants à 60% du chiffre d'affaire.
- encourager les bonnes pratiques : pour l’agriculture biologique et dans zones Natura 2000, pour les systèmes d’élevage qui associent le respect de l’environnement avec un bien-être animal nettement supérieur aux normes minimales
- taxer les importations non conformes (OGM, pesticides,...). Car certains aspects renvoient directement à des enjeux internationaux. Exemple avec les aliments du bétail : ils sont aujourd’hui à 85% importés, avec en guest star le soja OGM brésilien et américain. Redémarrer la culture des légumineuses, riches en protéines végétales nécessaires à l'alimentation animale, permettrait d’« améliorer notre balance commerciale, les revenus locaux et de diminuer les engrais azotés », acquiesce José Bové. Car notre bonne vieille luzerne a le bon goût de transférer de l’azote de l’air, vers le sol… Sauf que « le système d’aide actuel ne favorise pas du tout » ce type de symbioses.