Alerte au gaz de schiste en Provence !

Un péril menace notre région, mais pas seulement. Toute la France est concernée. Les groupes industriels se préparent, avec la bénédiction des pouvoirs publics, à exploiter le gaz de schiste dont notre sous-sol est richement pourvu. Cette exploitation pourrait générer une catastrophe environnementale  sans précédent. Les écologistes sont en alertes. Des journaux en font leur une depuis quelques semaines. A tel point qu'un moratoire sur les travaux jusque fin mai a été décidé par le gouvernement.

 gaz de schiste Photo la Provence

Photo La Provence 17 février

Le Monde du 22 janvier :

Rangez les éoliennes ! Au placard l'énergie solaire ! Oubliées nos bonnes résolutions en termes d'émissions de CO2. Nous sommes sauvés : voici le gaz de schiste... La France serait en effet assise sur d'importantes réserves de ce gaz naturel en tout point semblable à celui que l'on connait sauf qu'au lieu d'être concentré au sein de poches souterraines, celui-ci est disséminé dans des argiles profonds et imperméables…

Le gaz de schiste, qu’est-ce que c’est ?

Le gaz de schiste ne concerne pas comme d’ordinaire des poches de gaz présentes naturellement dans le sous-sol et qu'on extrait simplement en forant jusqu'à la poche. Ici, après avoir foré pour atteindre la couche de schiste située entre 2000 et 3000 mètres de profondeur, on explose à l’horizontale la roche à l’aide d’eau, de sable et de produits chimiques propulsés à très haute pression (‘fracturation par l’eau’). Le gaz prisonnier de la roche est alors extirpé puis évacué vers des réservoirs ou pipelines. Ce type d'exploitation fait appel à des technologies nouvelles ayant un impact désastreux sur l'environnement.

Gaz de schiste

Crédit photo : DR

Quelles sont les conséquences écologiques de cette exploitation ?

On peut déjà mesurer les conséquences aux Etats unis et au Canada où ce gaz est exploité depuis plusieurs années causant des dégâts considérables sur l’environnement et sur le cadre de vie. 

sur les paysages

  • puits de forage rapprochés (tous  les 200 mètres) sur de grandes superficies, rendant le paysage impropre à toute autre activité !
  • construction de réservoirs d’eau très importants (pour accumuler l’eau dont on a besoin pour la fracturation et pour récupérer l’eau polluée qui a servi à celle-ci). Chaque explosion ou fracturation de la roche utilise de 10 à 20 millions de litres d'eau (soit la consommation quotidienne d’une ville de 40 000 habitants) et il est fréquent de réaliser plus de 10 fracturations par puits. 

Sur les nappes phréatiques et sur l’air

  • pollution des nappes phréatiques par 250 composés chimiques . En effet, chaque fracturation, cette grande quantité d'eau est chargée d'une multitude d'adjuvants chimiques dont on ne maîtrise pas le risque de dissémination dans les nappes phréatiques
  • nuisances multiples créées par l’armada de camions nécessaire pour acheminer matériel, produits chimiques, sable et eau
  • émissions de gaz à effet de serre à la production (énergie fossile)

Lourde de conséquences pour l'environnement, cette technologie est la clef à la fois géniale et monstrueuse d'une révolution énergétique. Ce gaz serait présent à peu près partout dans le monde. Les réserves mondiales de ce gaz représenteraient plus de 200 ans de consommation d’énergie. De quoi changer la donne de la géopolitique liée aux énergies fossiles. Un enjeu faramineux et face auquel le souci environnemental fera pâle figure.

Mais envisager d’investir des sommes colossales dans cette filière reviendrait une fois de plus à repousser la nécessaire transition énergétique vers les alternatives renouvelables, seule politique en mesure de répondre aux défis posés par notre dépendance vis-à-vis des énergies fossiles et des importations.

Un exemple américain

Cet extrait de Gasland, film américain, montre les conditions d'extraction de gaz de schiste aux Etats-Unis. Voyez les autres extraits de Gasland sur Dailymotion.

Gaz de schiste : explications.
envoyé par nonaugazschiste07. - Regardez les dernières vidéos d'actu.

Ce qui doit inquiéter

C’est la frénésie des groupes pétroliers et des sociétés de forage qui se précipitent depuis quelques mois sur les lieux prometteurs français

Et c’est, au même moment, l’omerta qui  existe en France et partout ailleurs quant aux permis liés à l’exploitation du gaz de schiste. C'est par la bande que l'on a appris l'existence des premiers permis en France. Ce manque de transparence doit inquiéter et nous faire réagir. Déjà que ce nouveau gaz est en contradiction avec l’exigence fixée par le Grenelle  de diminuer les émissions de CO², mais bizaremment ces projets d'exploitation n'ont fait l'objet d'aucune mise en discussion préalable. Tout se passe comme si on voulait cacher ce qui se prépare, mettre la population devant le fait accompli.

A l’image du pétrole et du nucléaire, ce sujet échappe au débat public.

Le gaz de schiste en Provence

Si l'État donne son feu vert, le sous-sol de la région sera largement exploré. Il faut se mobiliser et vite. Déjà, sous la pression des écologistes, le 2 février 2011, la Ministre Nathalie Kosciusko-Morizet et le Ministre Eric Besson ont décidé un moratoire jusqu’au 31 mai  concernant les autorisations de travaux. Une étude sur les impacts environnementaux a été commandée. Ecran de fumée ? 

D'ailleurs, les détenteurs des trois "permis exclusifs de recherche" déjà accordés l'an dernier par son prédécesseur, Jean-Louis Borloo (que l’on pensait plus écolo !), ne sont pas annulés ! L’un de ces permis concerne une vaste zone à nos ‘frontières’, entre Valence et Montpellier, comme le montre la carte ci-dessous.

gaz de schiste provence

Infographie FLAUT - la Provence

On sait maintenant que cinq autres projets sur la région PACA sont proches d’obtenir un permis. Sur la carte, apparaissent les sites suivants :

  • Brignoles (Var), sur une superficie de 6785 km² (d’Aubagne à Nice et à Digne), soit les trois quarts du département !
  • Gardanne (Bouches du Rhône) sur 365 km²
  • Gréoux (Alpes de Haute-Provence) sur 218 km²
  • La plaque nommée « Provence », couvrant 3430 km², entre Arles, Avignon et Aix
  • Gargas (Vaucluse) sur 870 km²

Auxquels il faut ajouter le projet 'Rhône Maritime', sur 9967 km² en Méditerranée.

C’est ainsi qu’un tiers de la Région est concerné, dont les parcs naturels régionaux de Luberon, des Alpilles et du Verdon, et toutes les zones Natura 2000 concernées !          

La résistance s’organise

Par exemple à Gardanne, un collectif de vigilance s'est mis en place, sous l’impulsion de Michèle Rivasi, Achim Gertz et François-Michel Lambert, d’Europe-Ecologie et de Cap21. Une première réunion a eu lieu mardi 15 février 2011.

Lire l'article 'Gaz de schiste : la réaction s'organise en PACA'

Une pétition contre l'exploitation du gaz de schiste

Signez la pétition sur ce site 

Un site fédérateur des collectifs contre le gaz de schiste

Voyez le site de la coordination 

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