Malgré les paysages de cartes postales et les fêtes qui se succèdent (Valensole, Sault, Digne,...), les lavandiculteurs ont le moral au plus bas. Depuis plusieurs années, ils observent leurs champs dépérir, sans parvenir à y remédier. En cause la présence d'un insecte, la cicadelle, qui véhicule un phytoplasme, une petite bactérie qui provoque la mort des plants de lavandes.
Le phytoplasme du Stolbur est un microorganisme pathogène se situant entre le virus et la bactérie. Il colonise les lavandes et lavandins mais également d'autres plantes cultivées : la vigne (maladie du bois noir), la betterave sucrière (syndrome des basses richesses), la tomate, le poivron, le tabac... On peut également le retrouver sur des plantes autour des parcelles : le thym, le liseron et de nombreuses adventices.
La cicadelle n'est pas la seule en cause. Les conditions climatiques semblent aussi avoir leur part : hivers sans neige, sécheresse l'été. Cultiver en bio ne change pas grand chose.
Aujourd'hui, l'ensemble de la zone de production de lavandes et lavandins est touchée. Le nombre de plantes malades augmente d'année en année, si bien que le pourcentage de chance pour qe les insectes ne s'infestent pas et ne transmettent pas le phytoplasme au cours de son cycle est quasiment nul. Résultat : la durée de vie des plantations et les niveaux de rendements ne sont plus viables.
Aucun pesticide n'étant efficace à ce jour, la seule solution est de détruire les plantes atteintes et d'opter pour des plantes plus résistantes.
Le lavandin, un hybride issu du croisement entre plusieurs espèces de lavande, a ainsi remplacé la lavande fine sur les vallons. Les fleurs sont grises, plus fines, moins odorantes. Mais l'hybride est aussi atteint par la maladie. Les lavandiculteurs cherchent des solutions avec le soutien du Crieppam, le Centre régionalisé d'expérimentation des plantes à parfum, à
Manosque, et de l'Inra d'Avignon. Plusieurs populations de plantes clonales, plus tolérantes, ont été mises au point, et représentent déjà 80% des lavandes plantées aujourd'hui.
Ces populations nouvelles résistent mieux même si ce n'est pas non plus la panacée.
Les lavandiculteurs tiennent le coup grâce aux aides de l'Union européenne. Ils diversifient aussi leurs cultures et leurs activités pour arriver à boucler les fins de mois.